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Fantastique pléiade de Poètes aux Éditions Joseph Ouaknine

Il m’est déjà arrivé plus d’une fois de vous présenter des poètes publiés aux »Cahiers de Poésie« , revue trimestrielle poétique (au sens large du mot) que dirige et édite Laurent Fels, poétologue, essayiste et poète, avec l’écrivain, éditeur et relieur Joseph Ouaknine. Authentique beau livre, maniable(1), 16,5 x 21 cm, relié plein cuir, chaque numéro compte environ 250 à 400 pages de poésie, mais aussi de prose poétique et de charmantes combinaisons poético-artistiques.

Il est peut-être utile de noter ici, qu’une majorité des écrivains dont les textes contribuent à cet intéressant ouvrage y laissent également indiquer leur adresse électronique, ce qui permettra au lecteur intéressé d’entrer directement en contact avec eux. Une bonne idée que de permettre ce dialogue direct, lorsque la plupart des éditeurs défendent jalousement leur rôle d’intermédiaire privilégié entre l’écrivain et le lecteur !

Dans les deux premières parties, »Oeuvres poétiques« et »Carte blanche« (ensemble 250 pages), on nous propose une bonne quarantaine d’auteurs, chacun représenté par un ou plusieurs poèmes. Dans la troisième, »Oeuvres picturales« , nous découvrons en même temps que la magie photographique de Françoise Stoll la délicate peinture néo-impressionniste de Mirène Foreau symbiotiquement accouplée à la poésie trilingue de Déa L’Hoëst. Un régal !

Parmi les poètes qui ont répondu à l’appel des directeurs de cette publication, nous retrouvons quelques connaissances qui vous ont déjà été présentées dans notre bonne vieille Zeitung. Citons notamment Serge Basso de March, Béatrice Pisani, Jalel El Gharbi, Laurent Fels, Paul Mathieu et moi-même. N’y revenons pas pour l’heure (vous ne perdez rien pour attendre) et tâchons plutôt de découvrir l’incroyable et cosmopolite richesse d’un florilège de bijoux poétiques choisis avec flair, amour et compétence par les deux éditeurs-poètes qui les ont découverts un à un. Et si l’une ou l’autre contribution m’inspire moins, c’est surtout affaire de goût personnel, car je connais l’exigence de nos directeurs de collection, qui ne sauraient offrir à leurs lecteurs des créations médiocres.

Commençons donc par citer le suisse Jacques Herman, la franco-luxembourgeoise Anne Blanchot-Philippi qui nous quitta prématurément en 1985, le belge Frédéric Bruls, l’haïtien Jean Saint-Vil, dont la quête d’amour crie :  »Prends le vide de ma vie / Pour en faire matière (...) à mouler de tes mains (...) Comme les feux qui scintillent...« . Ensuite nous lirons les beaux vers de Jean-François Sené d’Île de France, ceux d’une certaine Carla, dont on se demande pourquoi elle se voile le nom de nous donner tant de plaisir, mais aussi ceux de la roumaine Virginia Bogdan et de l’haïtien Saint-John Kauss.

La franco-guadeloupéenne Béatrice Coman se fend, elle, de quelques lignes d’un hélas mièvre dithyrambe sur la femme, lorsque Sandy Bel nous lance quelques mots du Canada et que le belge Jean Kobs nous offre, lui aussi, malheureusement, d’outre-tombe, quatre splendides sonnets au goût un peu passé. De France encore, Pascal Perrot nous moralise de sa naïve paraphilosophie pseudorévolutionnaire et Maggy De Coster nous charme avec un poème et quatre éblouissants haïkus, dont le douloureux et lucide  »Au suffrage de l’espoir / se mêle le vertige / Des peuples en sursis«  . Et nous voilà en Tunisie, où je retrouve Hafsa Saifi, dont j’ai beaucoup aimé la première version du poème  »Nous avons une langue« (sur poesie.webnet.fr/) , mais dont la réécriture pour les Cahiers de poésie me paraît un rien moins réussie.

Suivent le »créaliste« Nicolas Zurstrassen, Claude Ammann de France et sa poésie ingénue, ainsi que l’étonnant Gary Klang qui, du Canada, laisse Becket attendre Godot et, pendant ce temps là,  »... court après des mots muets / Pour donner sens à l’indicible/Et à l’inex­pri­mable«  , s’infantilise un peu dans la  »Joie«  , mais titille par contre brillamment  »Les fantômes de Goya«  . Et nous voilà déjà en présence de l’irlandais John Deane qui, outre d’avoir droit à une présentation biobibliographique bilingue, voit ses trois somptueux poèmes traduits en français. Oserais-je qualifier son  »You«  (Toi) de K2 de la poésie contemporaine ? Vous m’en direz des nouvelles.

L’espace rédactionnel me faisant hélas défaut, je dois à présent me contenter de citer nommément les autres poètes de ce splendide ouvrage, tout en espérant pouvoir vous les présenter individuellement dès que l’un de leurs livres trouvera le chemin de mon bureau. Ce sera donc à vous, amis lecteurs, de découvrir dans »Les Cahiers de Poésie 20« également les joyaux lyriques d’écrivains et poètes aussi intéressants que Georges Saint-Clair, Stella Vinitchi Radulescu, Eugène Van Itterbbeek, Béatrice Bonhomme, Camille Aubaude, Dông Phong, Evelyne Boix-Moles, Joseph Ouaknine, Mary Jo Claus, Pascale Cornen, Giovanni Dotoli, Paul Sanda, Didier Avice, Francesca Y. Caroutsch, Doriane Tudury, Gaël Ristord, Déa L’Hoëst et Nicolas Grenier.

Une petite faiblesse pourtant me force à vous lire tout de même encore ces mots d’Evelyne Boix-Moles, extraits de son poème  »L’hier voulut le bleu« : »Visage. / Corps. / Fleurs, fruits. Et ce galet que je caressais, qui me polissait, / comme l’avaient adouci / la vague qui me roule, l’écume où je parle (...) émerveillée.«  Oui, tout comme vous le serez sans doute à votre tour, émerveillés, amis lecteurs, après que vos yeux auront caressé les poèmes roulés au fil des pages de ce recueil et soulevés par la houle spumescente de votre lecture. Le poète n’est en effet jamais tel que par la perception poétique du lecteur, à son tour aussi poète que le poète lui-même.

Le N° 20 des »Cahiers de Poésie« peut être commandé par mail à jouaknine@orange.fr, ou directement en ligne sur le site Internet www.ouaknine.fr/catalogue_cahiers.htm. Si vous n’êtes pas branché sur Internet, vous pouvez contacter l’éditeur par téléphone/fax au 0033(0)1.4 870.0659, ou par courrier adressé à M. Joseph Ouaknine, 54 rue du Moulin à vent, F-93100 Montreuil-sous-bois. Même chemin pour vous abonner aux Cahiers de Poésie.

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1) Belle et solide, la reliure ; mais tout de même un peu dur à maintenir ouvert, ce bouquin – avis à l’éditeur/relieur !

Giulio-Enrico Pisani

jeudi 7 janvier 2010

 

cahiers de poésie

cahiers n°21

aux éditions joseph ouaknine

 

 
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