Publié dans : Journal roman 1
Voilà, ça y est c'est fait, corrections terminée. Là j'imprime. Plus qu'à envoyer et à la grace de Dieu pour la suite. Elle ne m'appartient plus ! Ce fut une très belle aventure.
Une jolie phrase, est sans un mot de trop.
M.Keth
Publié en 2010
"Le bonheur est accessible, il suffit simplement de trouver sa vocation profonde, et de se donner à ce qu’on aime avec un abandon total de soi."
R. Gary
Voilà, ça y est c'est fait, corrections terminée. Là j'imprime. Plus qu'à envoyer et à la grace de Dieu pour la suite. Elle ne m'appartient plus ! Ce fut une très belle aventure.
Quatre chapitres en deux jours. Voilà les
turbines sont de nouveau en route. J'en profite de peur que cela ne s'arrête de nouveau. Un élan, venu de très haut me booste. Un élan irresistible mais auquel je me tiens tel un skieur accroché
à sa barre de remontée mécanique. Je ne lâcherai pas. Je dois tenir, tenir, continuer, avancer, ne pas tomber, aller jusqu'au sommet... et savourer la vibrante descente finale.
Je ne sais pas qui a inventé l'armée, mais en tout cas ce que je sais, c'est que la psychologie a inventé l'uniforme mental, la camisole comportementale. Avant qu'elle n'arrive, on pouvait se permettre d'avoir un caractère ou de ne pas en avoir. Aujourd'hui l'un comme l'autre, c'est pathologique. Les humains s'observent en potentiels ennemis, se jugent, s'analysent, s'attendent à trouver le vers dans la pomme de leur relation, qui au fond ne peut jamais être totalement savourée. La psychologie est le premier maillon de l'immense chaîne mondiale de la manipulation humaine.
Coupée entre l'envie de fainéantise sous la chaleur, et celle d'avancer dans les corrections (qui me donnent beaucoup de fil à retordre), l'été s'égraine au fil des jours. Je me fais la promesse d'un peu plus de régularité dès la rentrée et d'y mettre un grand coup de collier.
Le roman prend de l'épaisseur, il se nourrit des situations que Dieu m'envoie avec un clin d'oeil plein d'humour. Je l'entends quand il ma fait "pssst pssst, regarde là, sur ta droite ! pas mal non ? ça pourrait s'insérer ça tu ne penses pas ?" ou encore "écoute ça..." et j'écoute à côté de moi, et c'est merveilleux, c'est exactement ce que j'attendais sans le savoir et qui me bloquait pour avancer, comme la pièce de puzzle invisible mais indispensable.
Oui
parce que les corrections ce n'est pas simplement grammatical ou syntaxique, ce serait trop facile, c'est bien autre chose. C'est l'âme qui entre dans le corps du livre. C'est ce qui lui donne
son caractère propre, son autonomie. Si au départ le clavier était à mon service pour écrire ce que je voulais, aujourd'hui c'est bien différent, c'est moi qui suis au sien et il est très
exigeant. Encore que si je le laissais faire complètement, il s'habillerait en Prana
En fait je vois les choses ainsi : au début, c'est un bébé, on le nourrit de notre imaginaire. Ensuite, il passe à l'enfance, les pages se remplissent et s'empilent, il grandit. Puis vient la phase d'adolescence, on est en conflit avec lui, il demande, il exige, il veut ce que l'on avait pas prévu, et je dois bien l'admettre, il me fait avancer même dans ma propre vie. Quand enfin il entre dans l'âge adulte, ont peut converser, développer des idées, chercher plus loin que le visible, l'évident, on s'enrichit mutuellement, et satisfait d'une communication, d'une communion même. Puis viendra le temps où, il me quittera, prendra sa route, et je le regarderai, de loin, le coeur gonflé d'amour pour lui, en pensant "c'est mon bébé".
Peut être... que dans le fond, c'est un peu normal que je cherche (inconsciemment...) à le garder encore un peu près de moi.
Fantastique ! Je me souviens de quel jour on est ! Mes pieds sont un peu revenus sur
terre (ils étaient un peu trop descendus les jours précédemment
). Être sur terre, pas au dessus, ni en dessous, une histoire de juste milieu encore une fois de plus ! Ce milieu, certains jours me semble à mille lieues... mais pas aujourd'hui
!
Tiens ça me fait penser à cette chanson de Serge Gainbourg "Sous le soleil exactement"
Je ne sais plus vraiment quel jour l'on est. Fini ? Le roman ? Fini ??? Oui c'est bien ce que je croyais, sauf que triste réalité, je me suis rendue compte qu'il ne s'agissait que de sa structure squelettique. Je travaille, avec découragement. Je fabrique du muscle, de la peau, des organes... donner de la densité encore plus de densité aux personnages, plus de piquant ou de précisions à certaines scènes. J'ai le sentiment que je ne m'en sortirai jamais.
La phase de corrections est bien plus difficile que je m'y attendais. J'ai tendance à caler, à désespérer, et à me démotiver. Il y a toujours ce petit truc qui ne va pas, ce petit rien qui fait grain de sable dans les rouages.
Du temps, il me faut beaucoup de temps, de silence, de patience, et j'ai tendance à voler ces éléments plus qu'ils ne me sont servis.
Je remplis mon nid à idées.
Pour plus tard...
C'est dur, vraiment, mais ça en vaut le coup. Une bonne phrase est une phrase sans un mot de trop.
Je ne pense qu'à ça. Des ficelles qui se relient. Il est en pleine croissance, et je le regarde grandir. C'est merveilleux.
Je chasse mes ennemis.
Les pneus trop gonflés, on ne roule pas mieux avec, les marques communes sont des gommes ; mais aussi les ensembles de mauvais goût, les virgules ridicules...
Du coup cela a un effet sur mon axe relations humaines. Les lieux communs dans la communication écrite m'exècrent.
20h26
Ce soir j'ai envie de mambo, pour l'apéro, de salsa, de bougies et de bon vin rouge, avec un petit repas léger
salade composée.
Ce soir j'ai envie de lune, et d'étoiles dans le ciel. Ce soir j'ai envie de sentir la chaleur retombante de la journée sur mes épaules.
J'ai envie que la soirée finisse dans une ambiance jazzy, avec une bonne glace à déguster sous des lampions en plein été.
Je viens d'entamer la re-lecture-correction du chapitre 2.
Hier pour 10 pages j'ai commencé à 7h30 pour finir à 19h00. Douze heures de triturage de mots, de phrases, naviguant entre Dicodico, Dicosyno, Conjugo, et autres éclaireurs synapsiques.
Aujourd'hui je pense avoir le même sort, mais quelle joie de voir les phrases se transformer jusqu'à maturité !
Fin de journée, 19h29, fatiguée, encore une grosse journée de correction. Je sens qu'à l'issu de cet exercice terriblement barbare, je vais non seulement m'améliorer, mais également atteindre ce style qui se cache et ne veut pas encore concrètement émerger. Enfin... j'espère.
Toujours est il que depuis ces derniers jours, je comprends le sens du mot travail en écriture. C'est très dur. La rigueur n'est pas un grand mot, mais exactement celui qui convient de placer dans ce contexte.
J'aimerai avoir un rythme d'un chapitre par jour. Si je m'y tiens, avant la fin du mois je devrai avoir terminé cette deuxième correction.
Quel plaisir de s'améliorer !
Tout a été retranscrit sur traitement de texte.
A présent c'est l'affinage : on reprend tout et on fait la chasse au style, on le paufine, on améliore, on traque la lourdeur et l'erreur de style. Je ne vis que pour ça. Je ne ressemble plus à un être humain, je suis une vraie loque qui prie juste pour que personne ne vienne sonner à sa porte.
En gros ça ressemble à ça :
Enfin, cacher le cadeau sous l'oreiller, les deux billets pour Vérone, leur premier voyage ensemble en vingt-trois ans de mariage. De toutes celles qu'il avait déjà foulé, cette partie de la planète n'avait pas encore accueillie ses pieds. Guillaume voyageait beaucoup... souvent.. tout le temps... pour le travail, en d'autres termes : sans elle.
Elle avait dû faire toute la liste des périples lieux foulés par les pieds de son mari, pour trouver encore un lieu sur terre, vierge du souvenir de son regard de leur présence.
Elle espérait juste que ça lui plairait, parce qu'elle ne pourrait pas les échanger les billets, et c'est une des le genre de choses qui pourraient, parmi tant d'autres le mettre très en colère. Elle était pourtant Malgré le risque, elle était fière d'avoir prit pris cette folle initiative, qui la rendait à la fois impatiente de voir savourer la l'effet de surprise sur son visage, et inquiète de savoir si elle avait fait le bon son choix aurait été le bon ou pas. Elle avait tout fait elle-même, ça Dans le pire des cas, elle avait déjà consommé un crédit à la consolation car en faisant ses recherches elle s'était sentie avait vécu comme une grande aventurière, en parcourant sur catalogues toute la planète entière, ce qui, autrement dit, l'avait changé de sa cuisine et de ses taches ménagères.
Son vaste monde à elle s'étendait de l'épicerie du quartier, au cellier au du bout de l'appartement. Cela ne représentait toutefois pas un manque d'espace Julia ne souffrait pas de carence spatiale pour autant, pour Julia, car qui avait ayant grandit, comme l'exemplaire représentante de la patate chaude, - en passant de successivement de famille d'accueil en famille d'accueil -, cette sédentarité se confondait avec une stabilité qui lui avait tant manqué. qui lui avaient donné l'essentiel dont elle avait eu besoin, le temps de ses passages.
Ses déplacements perpétuels avaient été joyeusementsoldés par un mariage qui l'avait enfin fixée quelque part.
Elle n'avait jamais attendu mieux de la vie. Son rêve s'était réalisé : poser enfin ses valises et pour ne plus bouger. Ce n'était pas le grand bonheur, mais elle s'en contentait.
C'est au domaine de Saint-Christophe qu'ils avaient fait connaissance. À l'époque, elle y faisait un stage de serveuse. Il y était en passait des vacances avec ses parents, trop dévots. qui venaient purifier leur âme en ce lieu saint fréquenté chaque année par des familles entières, recherchant
Ce lieu devillégiature proposaitl'absolution desleurspéchers commis le restantde l'année. Dieu lui-même devait sans doute venir y passer l'été, tant il y avait d'âmes à assainir entre piscine-à-pardonet buffet-collation1.
Le matin ils chantaient, des cantiques évidement. Julia avait le droit de s'y participer. joindre. En fait, elle y était exhorté. d'ailleurs expressément invitée. Le répertoire n'était pas celui qu'elle préférait, mais le son La qualité de sa voix se coalisant avec celles des autres élevait les hymnes d'intentions en mode ADSL. se détachait d'entre tous par sa qualité.
C'est ainsi par ses oooooh et ses aaaaah lyriques, qu'elle charma le jeune pour la première fois Guillaume. C'est ainsi qu'il fit d'elle une madame Tasin, et que huit mois plus tard, elle devint la maman de Rémi Tasin.
, mais dignes de l'épreuve que le ciel leur envoyait.
C'est le Père Grillon attaché de la paroisse de Saint-Leu, qui leur avait annoncé la nouvelle en faisant avancer la petite Julia âgée alors d'à peine dix-sept ans, dans le salon familial. Une bonne œuvre, en vérité ! Une orpheline, pensez-vous ! Le guide de l'église, sur leur chemin perdu, leur avait garanti, qu'en nettoyant l'affront du pêcher de chair, ils récupèreraient un respect éternel vu du ciel et ce, pour l'éternité.
Ce genre de billet-là ne demandent pas à être échangés.
Madame Tasin Mère, au sommet de la pyramide familiale était fort déçue. Elle souhait impérativement que l'enfant porte le prénom Pierre. Julia ne lâcha pas son idée première, et resta inflexible ferme comme un roc sur celui de Rémi. En arbitre, Guillaume ne su qu'en dire ou ne pas en dire, et perdit, à la suite de cette aphasie transitoire, tout contact avec la caste Tasin eux.
Parfois un petit bristol l'avisait annonçant d'un trépas décès, se glissait dans la boîte aux lettres, mais cet avis, l'informant sur l'état de santé fâcheux du membre de la famille concernée, mais sans pour ne faisait pas pour autant faire office de carton d'invitation.
1(religion) fait de conférer un bénéfice, une fonction ecclésiastique
Les corrections avancent. Hier fini sur papier, aujourd'hui je pose sur traitement de texte. 161 pages de triturage, ça occupe bien !
Voilà, c'est la fin d'une première partie d'une grande aventure qui s'achève. La femme bonsaï vient de toucher son point final dans le manuscrit.
J'avoue que cet instant m'a arraché des larmes.
Je rentre du théâtre de Draguignan, où je suis allée avec ma prof d'atelier
d'écriture voir un hommage à Lyli Pons : un enchantement !
Le répertoire était chanté par Monqiue Borrelli (soprano colorature), sublime !
on s'est régalées avec :
- Ombre légère (Dinorah) de Meyerbeer http://www.youtube.com/watch?v=K8FnUmom ... re=related
- Air des clochettes (Lakmé) de Delibes http://www.youtube.com/watch?v=bmYRQWYlDbM
- Song of India (Sadko) Rimsky-Karsakov http://www.youtube.com/watch?v=EdCvRJNh ... re=related
- Regnava del silenzio (Lucia di Lammermmoor) Donezetti http://www.youtube.com/watch?v=BpJ2u1MiE7E
- Caro nome (air de Gilda et Rigoletto) de Verdi http://www.youtube.com/watch?v=onad4YssZ08
- Summertime (Porggy and Bess) de Gershiwn http://www.youtube.com/watch?v=O7-Qa92Rzbk
- Les oiseaux dans la charmille (air de la poupée http://www.youtube.com/watch?v=dKgbluyUWOU et les contes d'Hoffmann)
- Qui la voce sua soave (Air d'Elvira et Les puritains) de Bellini http://www.youtube.com/watch?v=9nbKCvmhEs8
- Le rossignol et l'empereur (Mélodie) de Frédéric Longas http://www.youtube.com/watch?v=k7BwXRJ5VmE
- Les filles de Cadix (Mélodie) Léo Delibes http://www.youtube.com/watch?v=P4R94E_DJ-E
- O zittre nicht (La flûte enchanté) Mozart http://www.youtube.com/watch?v=gGSQCdM4Jhw
- Der Hölle rache (la flûte enchanté) Mozart http://www.youtube.com/watch?v=YIuqpNh8jQs
et
Flerdermaus fantasy (La chauve souris) Johann Strauss (fils)
Plus qu'un chapitre et j'ai fini !