Quelques mots

Une jolie phrase, est sans un mot de trop.

M.Keth

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La femme bonsaï

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Publié en 2010

Et donc ?

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"Le bonheur est accessible, il suffit simplement de trouver sa vocation profonde, et de se donner à ce qu’on aime avec un abandon total  de soi."

 

  R. Gary


Publié dans : Textes

http://www.mm-turist.si/images/izleti/beneluks/bruselj-maken-pis.jpg

A LA MEMOIRE DE LA DURÉE AMICALE

 

 

 

 


Ella trouva sa vocation,

le jour où elle entendit un pipi émettre une sonorité assimilable à celle d'un "la-la, la-la, la-la".

Elle serait artiste !

Elle serait enregistreuse de pipi !

 

 

 

 

Mais cette révélation subite était sans compter sur un talent de développement extrême de ses compétences, qui naquit en elle quelque temps plus tard.

Alors qu'elle se trouvait chez une amie - une amie qui savait la comprendre, la consoler, ou l'encourager selon la conjoncture émotionnelle – elle lui fit écouter le premier pipi qu'elle avait prit soin d'enregistrer. Il était

 

sa première création artistique, la matérialisation brute de son inspiration.

 

"Entends-tu le la-la, la-la, la-la ?" demanda-t-elle...

mais son amie n'entendait que le son dérangeant d'une mixtion expulsée par une vessie non identifiée. Question d'identité qu'elle posa à l'issue de l'écoute. "Mais c'est moi !" renseigna Ella !

Comme s'il était forcément évident de reconnaître l'air des urées amicales !

Comme s'il était forcément évident de comprendre tout d'une amie, même le fait qu'elle s'enregistre en train de pisser, et qu'elle vienne exprès vous le faire écouter !

L'amitié à ses limites. Ce qui sauva celle d'Ella fut que son intérêt portait sur la tonalité et non pas sur les arômes ou encore la teinte. C'est ce qui a rendu supportable ce partage.

Bien que très déçue par le manque d'intérêt de son amie, Ella comprit qu'il manquait sans doute quelque chose à son art. Cette sorte de confrontation au monde extérieur lui permis de le développer.

Et elle le fit !

http://www.note4piano.com/img/art/couvertures/55010.jpg

Ella parcouru la terre entière pour enregistrer le chant des mictions. Tenta d'extraire avec la minutie d'un horloger les différences sonores liées aux modifications, comme celle de l'espacement des méridiens, aux climats, à la pression atmosphérique...

Ella comprit à l'issue de ce long périple que, ce qui définissait l'art dans la plus noble ampleur la confession de l'évidence.

Si pour certain cela se trouve sous leur nez, pour Ella cela se trouvait sous ses pieds : la clef de sa musique serait serait liée au sol !

Équipée de son magnéto, elles se mit en quête de chutes urinaires, sur les parquets, les carrelages, les linos, les marbres, l'herbe en fonction des saisons, les cailloux, le sable, prête à enregistrer dès que l'occasion se présenterait.


L'idée était bonne, excellente même, mais complexe à collecter en milieu naturel. Combien de fois avait-elle dû prendre ses jambes à son cou pour échapper à l'arrogance des ignorants de l'art !

Personne ne comprenait qu'elle souhaitait simplement mixer les mixtions ensemble, faire surgir la note physiologique d'où jaillirait un opéra organique !


Du coup, la rencontre avec tous les êtres incontinents des continents l'obséda, mais son art se trouva une nouvelle fois gâché par d'immenses couches d'incompréhensions. Les protections obstruaient la réalisation de son ambitieux projet.


Elle retourna voir son amie, qui depuis, avait beaucoup vieilli. Ella n'avait pas vu le temps passer. Elle attendait de cette rencontre que germe une nouvelle idée pour enfin pouvoir réaliser son plan artistique.

Son amie ne se souvenait plus d'elle, ni de personne d'autre d'ailleurs. Elle vivait dans les bras d'une maladie qui emporte la mémoire pour toujours de manière irréversible.


C'est à cet instant qu'elle réalisa la puissance de l'amitié, décida d'emmener son amie avec elle, de l'enregistrer partout dans le monde, elle qui n'avait jamais quitté sa région, elle qui avait toute sa vie rêvé de voyager...

Le premier opéra d'Ella fut un succès.

Par M. Keth
Mercredi 15 juin 2011 3 15 /06 /Juin /2011 19:28

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Publié dans : Celle qui passe...

Tout allait bien...

et ce matin, en arrivant, je retrouve Micha dans un état émotif catastrophique

 

Les raisons ? Simples :

 

1. les gens mettent des pesticides pour avoir de beeeeeeeeeelles fleurs, de grooooooooooooooooooooos légumes, et pas de bêbêtes qui les grignotent (au passage certaines sont très utiles, mais l'ignorance se confond avec l'immense connerie !)

 

2. les chats mangent de l'herbe pour se purger

 

3. Zoupette est morte.

 

Voilà rien de plus à dire.

 

http://www.sequovia.com/actualites/wp-content/uploads/2010/03/bidon_pesticides.jpg

Par M. Keth
Mardi 14 juin 2011 2 14 /06 /Juin /2011 21:01

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Publié dans : Celle qui passe...

Micha réalise le rêve de sa vie avant de partir :


publier le recueil de toutes ses poésies.


Personne n'y a vraiment prêté attention... et pourtant !


http://facsoflife.files.wordpress.com/2009/01/le-temps.jpg

 

Cha que jour on les copie, l'une après l'autre, patiemment, un pèlerinage dans le temps, les souvenirs, le s émotions. Micha se raconte, se retrouve pour mieux pouvoir se quitter sans doute.


J'ai la chance de pouvoir partager le travail d'une vraie poète, encore toute pure, encore toute vierge de toute forme orgueil. Je mets sur traitement de texte ses précieuses créations et elle me regarde avec ses petits yeux qui se ferment doucement, étonnée de susciter autant d'attention et d'intérêt.

"Vous êtes sûre ? Vraiment ? Ça vous plaît ?".


De son cahier usé lui aussi par le temps, on extirpe les mots précieux de l'encre qui s'efface, et on sauvegarde, on sauvegarde !


Vendredi a eu lieu sa première rencontre avec une clef USB ! A peine concevable pour elle que toutes ses poésies puissent entrer dans ce petit article qui ressemble dit-elle à un capuchon de stylo aplati.

 


Tout ce que je demande, c'est d'avoir le temps de pouvoir lui remettre entre les mains ce recueil, le travail de toute sa vie et qu'elle puisse fermer ses yeux en le tenant dans ses bras.


 

Par M. Keth
Dimanche 12 juin 2011 7 12 /06 /Juin /2011 13:09

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Publié dans : Textes

http://www.experience-seduction.com/wp-content/uploads/2011/06/homme-desespere.jpg

 

D'accord !

 

D'accord !

 

J'avoue !

 

Je me suis mouché avec ce mouchoir... une fois ! Une seule et unique fois !

 

C'était une erreur...

 

je sais...

 

 

 

 

j'aurais dû le faire plus souvent !

Par M. Keth
Mardi 7 juin 2011 2 07 /06 /Juin /2011 09:03

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Publié dans : Textes
Vivre avec un manipulateur, c'est comme être enfermée dans une immense salle aux miroirs, et se voir telle que l'autre veut nous convaincre que l'on est. Ne jamais se reconnaitre et finir par oublier qui l'on est vraiment.  Parfois un rayon de lumière entre dans la salle aux miroirs, le regard d'une autre personne qui nous reconnait, mais l'on n'y croit plus. C'est trop tard.
Par M. Keth
Samedi 4 juin 2011 6 04 /06 /Juin /2011 07:28

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Publié dans : Aphorismes

Une femme,


sait jouer du piano comme un homme et chanter comme une sirène.


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Par M. Keth
Vendredi 27 mai 2011 5 27 /05 /Mai /2011 23:29

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Publié dans : Aphorismes

Comment peut-on sérieusement donner sa confiance à une personne à qui il a fallut autrefois apprendre à tirer la chasse d'eau ???

Par M. Keth
Dimanche 22 mai 2011 7 22 /05 /Mai /2011 20:24

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Publié dans : Celle qui passe...

Il est des maisons du bonheur. Quand on y entre, on s'y sent bien. On retrouve des choses que l'on a aimé autrefois, dans notre enfance.

 

 

Ce peut être un placard en bois tout simple, dans la cuisine, en contre plaqué, mais on se souvient du temps où ailleurs on en ouvrait un comme celui ci, les mains chargées de pots de confitures faites maison. 

http://revedegourmandises.unblog.fr/files/2009/02/confitureframboisesmyrtilleslychees.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://questions.beehoo.com/files/2010/04/nettoyage-tomettes.jpg

 

 

 

Ce peut être des tomettes, sur lesquelles on marchait, pour monter des escaliers qui menaient à une chambre où l'on jouait avec sa meilleure amie durant des heures.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce peut être un évier, contre lequel on s'appuyait alors qu'une femme y faisait la vaisselle et nous racontait des choses de la vie dont on se souvient encore et qui nous ont toujours servi.http://media.paruvendu.fr/windil/media-pa/U110122/55/04/th/th250_U1101222200651_1.jpeg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est de ces maisons d'inconnus qui nous ramènent aux temps perdus, aux années passées, et nous redonnent un souffle de bonheur déjà goûté, sans qu'ils sachent pourquoi on se sent si bien chez eux.

Par M. Keth
Mercredi 6 avril 2011 3 06 /04 /Avr /2011 09:16

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Publié dans : Textes

Dès que l'on allume son poste de télévision, il n'y a pas longtemps à attendre pour recevoir des messages publicitaires, nous mettant en garde contre tous les dangers qui sont sensés nous sauter à la gorge si l'on n'y prend pas garde.

Des assurances, des produits anti-ceci ou anti-cela, et j'en passe...

 

Suite à ce matraquage, on peut se retrouver devant des situation absurdes, où un vieillard de 90 ans vous demande de lui acheter un beurre spécial anti-cholestérol... de peur de mourir s'il n'en consomme pas.

 

Ça fait réfléchir...

 

Tout le pouvoir absurde du commerce actuel, est construit sur nos peurs, qu'ils ne cessent de développer au fils des jours. Un matraquage qui nous aborde de tous les côtés, dans les journaux, à la radio, à la télévision. La garantie de la vie nous est approximativement promise si nous consommons les biens protecteurs qu'ils nous imposent dans leurs annonces à longueur de journée.

 

Nous pensons qu'ils agissent pour notre bien, alors qu'en fait ils n'agissent que pour le leur : la rondeur de leurs chiffres d'affaires.

 

Et si un jour... nous décidions de ne plus avoir peur et de VIVRE enfin !?

Par M. Keth
Vendredi 1 avril 2011 5 01 /04 /Avr /2011 09:11

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Publié dans : Celle qui passe...

http://2.bp.blogspot.com/_7DaE2g20Ue8/RvdbBgWyZlI/AAAAAAAABKw/gLmHn1QvTME/s400/a_douleur.gifCes jours passés avec Misha  furent très difficiles. Acculée par l'âge, fatiguée, et toujours présente dans ce monde qui a pour elle de moins en moins d'intérêts, elle assiste impuissante à sa propre déchéance avec lucidité douloureuse.

 

Elle a été fondamentalement désagréable avec tous ceux qui l'entouraient, au point où je me suis demandé si elle ne tentait pas de couper les ponts affectifs pour pouvoir se donner une raison de partir.

 

Sans doute aussi peut elle nous en vouloir de la retenir, plutôt que de la pousser vers l'autre versant de la montagne de la vie... Mais je doute que nous ayons ce pouvoir qu'elle nous consent.

 

Toujours est il que les derniers pas sur le chemin sont complexes.

Nous avons pu partager un peu sur ce sujet ce matin. Afin de peut être l'aider à trouver un sens à cette fin de vie, je lui exposais une façon de voir les choses comme une sorte de vases communiquants, où ils y a ceux qui sont encore dans le devoir d'aider leur prochain afin d'apprendre encore certaines subtilités de l'existence, et ceux qui se doivent , en bon professeurs, de se laisser aider, abandonnant ainsi le dernier pan de leur ego restant, pour passer à travers le chas de l'aiguille qui mène au paradis. Peut être... je ne sais pas...

 

Je me rend compte de plus en plus à son contact, à quel point il est bien plus difficile de recevoir que de donner. Certainement que tous, nous aimerions quitter cette Terre drapés dans notre honneur, que nous avons appris à exacerber dans l'indépendance et l'autonomie durant toute une vie, pour au final avoir à apprendre la dure leçon de l'abandon total de soi pour n'emporter et en même temps ne laisser que le meilleur.

Par M. Keth
Vendredi 4 mars 2011 5 04 /03 /Mars /2011 13:42

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Publié dans : Celle qui passe...

http://www.cine.ch/images/affiches/original/56188.jpgAvec Misha depuis quelques jours, nous partons sur la route de Madison, nous partageons avec Robert et Francesca des pauses de vie :

 

 Au passage où Francesca regarde cette fameuse photo, prise 22 ans plus tôt, on se demande quel sera à mes 80 ans, le souvenir qui me reviendra en boucle ? Elle m'a promis de m'attendre au paradis pour que je lui révèle ma réponse, le jour où je la rejoindrai. Amusant ces rendez-vous dans l'au-delà... Je connais le sien.

 

Au passage de la première rencontre de Robert et Francesca, dans son allée, alors que son mari s'était absenté pour la semaine avec les enfants, on se demande quel est ce petit chose qui a fait que nos vies ont basculées un jour, et que plus rien a jamais plus été pareil après.

 

Elle me partage ses réponses intimes au fil des pages du livre.

 

Chaque jour j'arrive et je la vois : une petite flamme vacillante qui s'éteint peu à peu...

Chaque jour de repars et je la quitte en lui laissant l'envie de connaître la suite des aventures de Robert et de Franscesca... une petite dose d'oxygène pour maintenir la flamme.

 

 

 

Je me demande à quelle page refermerai je de ce livre, et où Misha fermera ses yeux à tout jamais...

Par M. Keth
Lundi 21 février 2011 1 21 /02 /Fév /2011 05:00

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Publié dans : Celle qui passe...

http://www.reseauxbuissonniers.net/static/malle/7_6850532948/511_lion.gifMicha reprends du poil de la bête, on fait équipe avec l'aide soignante pour l'aider à remonter la pente. Ça marche. Alors qu'elle regardais par la fenêtre, un peu maussade, je m'amusais en fait avec Zoupette, la petite minette qui squatte sa chambre, avec un bâtonnet équipé de ce qui avait dû être dans le temps une queue de peluche, une panthère je pense...

 

En chantonnant une musique de cirque, je prenais Zoupette pour mon lion féroce que je domptais. C'est alors que, Misha amusée, me demanda si elle m'avait déjà raconté sa première fois au cirque.

 

Des jours que j'attendais qu'elle se raconte encore ! Ô joie !!!

 

Misha avait 7 ans. Un cirque s'était installé dans son village. L'entrée était à 10 centimes, elle n'en possédait que 7. Elle est allée quémander à ses parents, "ma mère était encore vivante en ce temps là", me précisa t-elle en laissant de nouveau échapper quelques instants son regard par la fenêtre... puis revenant à elle, m'expliqua qu'elle n'avait pu obtenir que 2 centimes supplémentaires et pas un de plus.

Avec ses 9 centimes, Misha fit la queue pour entrer voir le spectacle, mais l'entrée lui fut refusée, bien qu'elle eut demandé poliment si cela serait possible d'avoir une place pour cette somme là.http://www.locapiste.com/communities/3/000/001/223/463/images/1010467.jpg

 

Misha n'est pas du genre à se démonter.

 

Alors, elle refit la queue, et arrivée à la hauteur de l'ouvreuse, jeta en totalité toutes ses pièces. Dans l'impossibilité de recompter, elle ne pu refuser l'entrer à la petite Misha, bien déterminée à voir les fauves et les clowns. C'était sa première fois. Elle s'en souvient encore.

 

 

 

 

 

 

 

... mais...

 

 

 

En l'écoutant parler, en savourant cet instant, je me souvins de sa fille qui la veille me disait dans une grande discrétion verbale, que si la fin était proche... autant la laisser partir. L'aide soignante lui avait expliqué cet état charnière, où l'on choisit de continuer ou bien de se laisser glisser... Misha en était là.

 

Je me rappelais aussi de Misha qui me disais son raz le bol de souffrir, son désir de partir...

 

 

Je me regardais en face en m'avouant que je faisais tout pour qu'elle reste, mais pour qui ?

Si c'est pour moi, suis je égoïste ? Est-on égoïste de vouloir faire durer la vie d'autrui ?

 

En sortant de chez elle, je me posais cette question... je n'ai toujours pas la réponse...

Par M. Keth
Jeudi 17 février 2011 4 17 /02 /Fév /2011 16:09

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Publié dans : Celle qui passe...

Angela. Italienne version "la mama". Attention ! m'a-t-on dit, c'est un remplacement, votre collègue s'est arrêtée pour http://www.cmp.u-nancy.fr/dossiers_CMP/tabac/danger.gifdépression nerveuse, vous verrez elle est très difficile, un début d'Alzheimer, faites ce que vous pourrez et si elle devient agressive, partez !

 

Merci pour le cadeau. Je m'y rends le premier jour noté sur mon carnet de mission, avec une certaine angoisse qui me rongeait le ventre. J'entre, on fait connaissance, un peu, je commence à travailler, rien à signaler. Je repars. Tout s'est bien passé. Étonnant...

 

Deuxième jour, j'y retourne. Même scénario, sauf que je fini plus tôt et du coup, je prends le temps de discuter avec elle. Elle se raconte, en version bilingue, oscillant entre français et italien, mais sans que j'en perde vraiment mon latin. Je repars. Tout s'est encore bien passé. Étonnant...

 

Troisième jour, même actrices, même film. De nouveau je repars étonnée. Mais quand diable va t-elle se révéler, cette tatie Danielle qui se cache en elle ?...

 

http://s258435372.onlinehome.fr/blogseb/blog/public/Image_2/banque.gifJe n'ai pas eu à attendre plus longtemps, car, au quatrième jour, je retrouve Angela au bas de la porte de son immeuble, sa canne à la main, emmitouflée dans un manteau noir, long et épais, un bonnet de même couleur, en laine, enfoncé sur sa tête, donnant avec désavantage à son visage arrondit, l'apparence d'un gland.

Elle s'en allait à la banque.

Nous partons donc bras dessus, bras dessous, pour une expédition d'au moins deux cent pas, à la vitesse de la limace.

 

Arrivées à bon port, saines et sauves, les portes automatiques de la banque s'ouvrent et je vois la jeune fille de l'accueil se précipiter vers un bureau derrière sa banque. Elle en ressorti quelques secondes plus tard, le regard déçu et angoissé à la fois.

 

Angela s'avance vers elle, je reste en retrait afin de respecter un minimum de discrétion. Je l'entends demander la position de ses comptes. La jeune femme (je notais qu'elle lui parlais très fort) lui inscrit sur un papier la somme du premier, puis du second.

Angela se met à crier que cela n'était pas possible, qu'il devait y avoir une erreur, insistance de la jeune femme pour lui montrer le nombre de zéros qu'apparemment Angela n'aurait pas bien vus. Mais cela ne l'apaise pas, Angela se fâche, il n'est pas question qu'elle doive cette somme à la banque !!! Mais non, ce n'est pas une dette, c'est votre crédit, lui explique la jeune femme qui commence à paniquer.

Angela se rebiffe de plus belle, elle n'a pas de crédit ! Elle n'a jamais fait de crédit, et ce n'est pas aujourd'hui que cela va commencé, qui a donc fait un crédit sans son autorisation ? La jeune femme tente par tous les moyens de l'apaiser, de trouver les mots qui feront qu'elle comprendra quelques longues secondes plus tard que le terme crédit était positif pour son compte et non ce qu'elle s'imaginait en s'énervant.

 

Terminé ?

 

Non ! Angela veut retirer de l'argent. La jeune femme commence à pâlir. Négociation de la somme, par oral, par écrit. Les zéros pour les mamies, ce n'est pas simple, entre l'ancien franc, le nouveau franc et l'euro, il y a de quoi s'emmêler les pinceaux et le conflit des générations met le feu aux poudres.

 

Une fois la somme comprise par les deux parties, la jeune femme vient avec une carte au distributeur retirer la somme décidée. Je me tenais juste à côté. "Attendez, vous allez voir, c'est pas terminé, elle va recompter les billets !!!".

 

Je m'assois. J'ai le temps. C'est intéressant, pour ne pas dire amusant. Angela se révèle enfin sous mes yeux, spectateurs de mon cerveau de plus en plus curieux.

 

Effectivement Angela recompte, une, deux, trois, sept fois, refuse un billet, en demande un autre, et enfin réclame que le solde après retrait lui soit marqué sur un papier.

La jeune femme s'exécute et Angela la gronde, elle n'a pas à marquer ce qu'il lui reste sur son compte sur un papier qui pourrait se perdre. Jeunesse décontenancée devant vieillesse incompréhensible, le combat est rude, mais néanmoins amusant.

 

Le moment de la signature est venu. Angela résiste, l'employée insiste et fini par gagner. Un papier pour la cliente, un double pour la banque. Angela ne voit pas les choses comme ça. Elle refuse, elle veut garder les deux. Le combat reprend. Angela après avoir bien résisté abdique, range son porte monnaie.

 

Voilà, c'est fini. Elle vient vers moi laissant la jeune femme derrière son comptoir vacillante comme après un match de boxe.

 

Je redonne mon bras à Angela. Nous sortons et dehors elle s'arrête, me regarde et me demande en souriant : "alors ? ça vous a plu ?". Je n'ose répondre, je dis juste "ce qui ne m'a pas plu c'est qu'elle vous parlait fort, alors que vous n'êtes pas sourde.

"Justement ! Elle me croit sourde alors que je ne le suis pas, alors je la crois idiote alors qu'elle ne l'est pas".

 

Le message était clair. Il a bon dos l'Alzheimer !

http://canvey.c.a.pic.centerblog.net/gyo1ogi0.jpg

Par M. Keth
Mardi 15 février 2011 2 15 /02 /Fév /2011 00:00

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Publié dans : Celle qui passe...

http://static1.purepeople.com/articles/0/27/81/0/@/190501-sarah-michelle-gellar-une-petite-fille-637x0-2.jpgAvec tout ce qui se passe actuellement, je repense à des choses que Micha m'a partagé, des confidences. Son premier amour. Elle était très jeune lorsqu'elle a ressenti pour la première fois des élans de passion mêles de jalousie. C'est bien plus tard qu'elle a pu comprendre qu'il s'agissait de son premier élan amoureux. Un amour doublement impossible, où l'âge et la fonction furent une barrière. L'âge, elle avait à peine 8 ans, le sien, car il était adulte, et le rang, puisqu'il était prêtre.

Il venait aider la maman de Micha. Il était gentil, attentionné, et beau. Micha aimait Dieu et cet homme en parlait si bien. Parfois il jouait avec d'autres enfants, à des jeux un peu trop violent pour une petite fille de son âge, et afin de la protéger, lui interdisait de venir les rejoindre. Alors Micha nourrissait une haine contenue pour des plus grande qu'elle qui avait le droit de se bousculer avec lui, dans la neige après une descente vertigineuse.

Elle me regardait en disant cela, le regard perdu elle me demandait si je pensais qu'il était encore vivant. Après calcul, il s'avéra qu'il aurait aujourd'hui 110 ans... peu probable qu'il soit encore de ce monde. Alors ses yeux s'assombrirent de déception de ne pas l'avoir recherché avant pour savoir ce qu'il était devenu.

Je pense, sans vouloir faire de la psychologie de comptoir que Micha aimait plus l'idéal du père qu'il représentait que l'homme qui était en lui, une compensation et un passage obligatoire chez toutes les petites filles de son âge.

Elle me posa la question "peut on être amoureuse à 8 ans ?"... oui... effectivement on peut.

Par M. Keth
Lundi 14 février 2011 1 14 /02 /Fév /2011 00:00

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Publié dans : Celle qui passe...

http://www.jakouiller.com/share/Soldats%20israeliens.jpgDes soldats français prisonniers du camp allemand, vivaient non loin de chez Micha. Ils étaient amis. La guerre n'a pas de sens dans l'idée qu'ont de la vie les enfants.

Adolescente, l'un d'eux l'avait invité à aller faire une promenade, que Micha écourta en sentant que les intentions du bonhomme étaient autres qu'une simple marche dans la campagne environnante.

 

Mais un soir, avec sa soeur, elles furent invités à les rejoindre à une fête qu'ils avaient organisée. Une table, des soldats, de la vodka. Les deux gamines commencèrent à boire ce qu'ils leur avait servit. Au bout de seulement quelques minutes la petite soeur vit l'horloge en face d'elle se dilater étrangement.

 

- Tu es saoule ! Lui dit Micha

- Non c'est toi ! rétorqua la petite soeur.

 

Une bataille verbale s'engagea entre les deux, et Micha lui proposa d'aller régler leur comptes dehors. Elle proposa alors à sa petite soeur un concours pour voir laquelle des deux était la plus imbibée et ce jeu consistait à voir laquelle des deux arriverait le plus vite, ou arriverait tout simplement en courant jusqu'à leur maison.

 

Voilà comment discrètement et avec subtilité, Micha réussit à se sortir, elle et sa soeur, d'une situation qui aurait pu bien mal tourner avec des soldats français mal intentionnés. Amusés par la dispute des deux petites, qu'ils observaient en attendant un crêpage de chignon en guise de bataille dans un bain de boue, aucun n'a pensé à temps qu'elle avait bien comprit leur jeu.

 

Comment diable avons nous réussi à gagner une guerre avec des soldats pareils !

Par M. Keth
Dimanche 13 février 2011 7 13 /02 /Fév /2011 09:12

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